Comtesse Manoury Le roman de Violette

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Quand je connus Violette, j’avais trente ans. J’habitais le quatrième étage d’une assez belle maison de la rue de Rivoli, au-dessus duquel étaient échafaudées les chambres occupées par les domestiques et de jeunes ouvrières travaillant chez la marchande de lingerie dont le magasin existe encore au rez-de-chaussée, sous les colonnes. À cette époque, ma vie était liée à celle d’une maîtresse fort belle et très aristocratique de façons. Elle possédait une de ces peaux blanches que Théophile Gautier célèbre dans ses Émaux et Camées ; une de ces chevelures qu’Eschyle tresse sur la tête d’Électre et compare aux épis de l’Argolide. Mais devenant trop grasse, avant l’âge, furieuse de son obésité précoce, ne sachant à qui s’en prendre de cette pléthore, elle rendait tous ceux qui l’approchaient malheureux, par un caractère impossible. Il en résultait que nos relations étaient rares et que tout en pourvoyant à ses caprices, je ne faisais rien pour rapprocher nos chambres situées aux deux extrémités de l’appartement. J’avais fait choix de la mienne à cause de sa vue sur les Tuileries. J’étais déjà atteint de la manie de tremper mes doigts dans l’encre, et pour un travailleur, rien de plus doux, de plus beau, de plus reposant, que la vue de cette sombre masse de verdure formée par les vieux arbres du jardin.

http://www.ebooks-bnr.com/ebooks/pdf4/manoury_le_roman_de_violette.pdf

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